Les avantages et préjugés du bois

Le bois dans la construction a bien des avantages, et il est notre mission de les diffuser, pour que chaque particulier ayant un projet de construction neuve pense à cette solution. Que ce soit pour une utilisation structurelle, isolante, décorative ou de chauffage, le bois répond à tous les enjeux actuels.

Mais depuis trop longtemps, le bois n’est pas utilisé à sa juste valeur car il est victime de nombreux préjugés. Nous allons donc vous montrer des contre-arguments à ses préjugés, pour vous convaincre d’utiliser le bois dans votre futur projet !

Les avantages du bois

Les chantiers de construction bois font partie de ce que l’on appelle la filière sèche : il n’y a pas besoin d’eau sur chantier. Il reste donc propre, accessible, et facilite grandement la vie des compagnons travaillant sur ce chantier.

Le bois est un matériau léger : les fondations sont moins importantes que pour une maison maçonnée. Et sa légèreté fait aussi de lui un matériau pratique et simple à utiliser pour les extensions/surélévation. Les professionnels de la construction bois ont les compétences pour concevoir et poser une structure bois sur une structure existante (on estime qu’une structure bois est 4 fois plus légère qu’une structure maçonnée semblable).

L’un des gros avantages des éléments construits en bois est la préfabrication en atelier. Le mur peut être intégralement réalisé en usine : il ne reste qu’à le transporter sur le chantier et disposer des engins nécessaires pour sa mise en œuvre. Grâce à cela, le chantier est rapidement hors d’air et hors d’eau, car il reste en filière sèche.

Cette préfabrication permet d’y intégrer tous les éléments (menuiseries, réseaux, pare-pluie, isolation, etc.). La réalisation en usine permet aussi une industrialisation du procédé et un contrôle plus rigoureux que sur chantier. Les constructions modulaires se développent de plus en plus grâce à cette démocratisation de la préfabrication des éléments de structure en bois : des pièces de maisons arrivent en bloc pour être juste assemblées sur chantier. Cela permet de réduire énormément la durée du chantier, car les finitions de la pièce peuvent aussi être faites en usine.

Grâce à sa mise en œuvre, l’isolation est installée entre les montants en bois qui composent la structure. À performance équivalente, un mur en ossature bois sera moins épais d’une dizaine de centimètres qu’un mur en maçonnerie. Sur une même parcelle, cela peut faire gagner quelques m² de surface de plancher juste en choisissant le bois.

Sa légèreté permet de concevoir une structure plus fine mais néanmoins résistante. Grâce à ces propriétés mécaniques intrinsèques, et aux différents systèmes constructifs, le bois permet une liberté architecturale : grande ouverture dans un système de poteau-poutres, murs un peu plus épais orienté pour atteindre des niveaux passifs en énergie… Tout ces systèmes peuvent se compléter sur un même projet.

Contrairement au béton et à l’acier, le bois est un matériau naturellement isolant. De plus, il se marie parfaitement avec tous les isolants biosourcés, qui obtiennent des performances plus élevées que beaucoup d’isolant minéral. Beaucoup des systèmes constructifs du matériau bois réduisent les ponts thermiques, et si l’installation sur chantier des membranes permettant l’isolation à l’air et à l’eau est correctement réalisée, votre construction atteindra un haut niveau de performance thermique, et donc réduira votre facture énergétique.

Avec une conception bioclimatique, ce qui est facilement réalisable avec du bois et beaucoup plus compliqué avec des matériaux dits « conventionnels », votre maison n’aura presque pas besoin d’être chauffé en hiver, et aucune climatisation ne sera nécessaire durant les surchauffes d’étés.

En ce qui concerne l’acoustique, la filière travaille depuis plusieurs années à améliorer l’isolement au bruit pour qu’il soit meilleur que les limites requises dans les règlementations. Et après ces travaux regroupant plusieurs acteurs, Acoubois a été créé. Ce guide, co-écrit par le FCBA et le CSTB et financé en partie par le CODIFAB, recense des exemples de systèmes constructifs répondant aux différentes normes d’atténuation du bruit.

Faire le choix du bois, c’est donc faire le choix du matériau le plus intelligent : il est la structure d’un ensemble d’autres matériaux qui se complètent, et qui rendent un résultat écologique, assure un confort d’été et d’hiver, et personnalisable.

La question de la pollution de l’air se pose de plus en plus à nous, que ce soit en extérieur ou en intérieur. En plus de participer à l’amélioration de la qualité de l’air grâce à la photosynthèse pendant sa croissance, le bois a validé les tests sur le possible dégagement de Composés organiques Volatiles (COV) en intérieur.

Ce sont les différentes colles utilisées pour différents produits, comme du lamellé collé, lamellé croisé (CLT) et panneaux à particules notamment. Entre 2006 et 2009, le FCBA a fait faire une série de tests pour prouver le bon respect du seuil d’émission de ces substances : la majorité des produits testés ont obtenu un A, sur une échelle allant de A+ (très faibles émissions) à C (fortes émissions).

D’autres études, mais surtout des retours d’expériences, ont montré aussi que le bois est un matériau dit « agréable » en intérieur. Pour beaucoup, un parquet ou un mur en habillage bois apaise, car l’odeur, la couleur et le toucher nous est familier et nous reconnecte à la nature. Un architecte, Christian Charignon, a beaucoup milité et travaillé sur l’utilisation du bois dans les centres hospitaliers. Après avoir fait des tests dans certaines chambres de patients volontaires, il a construit à Dijon (21) un hôpital tout en bois (enveloppe, structure, et habillage intérieur, notamment les murs) pour enfants autistes. Les parents et le personnel médical ont remarqué le changement d’attitude de ces enfants, qui semblaient plus calme.

Mettre le bois à l’intérieur de nos pièces de vie permet donc de rendre une atmosphère apaisante, propice au confort et au bien-être. Avec la liberté architecturale dont il dispose, il est aussi d’allier ce ressenti à des formes personnalisées, afin de rendre son intérieur à son goût.

Les préjugés dont souffre le bois

On entend souvent que le bois n’est pas assez résistant en structure que le béton et est donc moins pérenne. Pourtant, l’histoire nous prouve le contraire, et particulièrement en Normandie.

Des bâtiments à pans de bois du Pays d’Auge datent de plusieurs siècles et la structure est toujours solide. Etant donné que le béton est un matériau bien plus récent, il n’existe pas à ce jour d’exemple similaires pour ce type de matériaux. Les constructions plus modernes en bois sont tout aussi résistantes : nous sommes capables aujourd’hui de construire des Immeubles de Grande Hauteur (IGH) en bois, comme la tour Hypérion à Bordeaux : les maisons individuelles sont donc tout aussi résistantes.France Pans De Bois

Sur l’aspect esthétique, le bois souffre aussi de sa condition de matériau naturel. Bien que certaines essences soient naturellement résistantes aux intempéries et aux insectes, et peuvent donc être utilisés en extérieur, il est normal que la teinte varie légèrement au fil du temps. Le bois va se patiner à cause de ses intempéries. Bien que les goûts soient propres à chacun, un bois gris en façade n’est pas un bois « pourri » ou « abîme » : il est seulement dans sa teinte naturelle après exposition.

Si toutefois la couleur naturelle ne vous correspond pas, il existe aujourd’hui des traitements autoclaves et/ou des lasures pour teinter le bois avant sa pose. Le travail de conception de la part de l’équipe de maîtrise d’œuvre est prépondérant en amont pour anticiper ses variations de teintes. Elle doit s’assurer du vieillissement uniforme des façades, en faisant notamment attention à l’évacuation de l’eau.

Certes une façade avec du bardage bois en extérieur demande de l’entretien (tout dépend du type de bardage et du traitement qu’il a subi avant sa pose, mais les professionnels assurent qu’un brossage avec de l’eau savonneuse tous les 4-5 ans suffisent), mais les façades enduites sur du béton demandent un entretien aussi. Une façade, peu importe le matériau utilisé pour faire l’habillage extérieur, aura forcément besoin d’entretien : le bois est donc comme tous les autres matériaux à ce niveau-là.

La durabilité face aux agents fongiques (moisissures, champignons, etc.) et face aux insectes xylophages est propre à chaque essence. Pour les distinguer, des classes d’emploi ont été définies (norme EN 335) et les essences ont été testées pour savoir à quelle classe d’emploi elles appartenaient. Des usages découlent de ces classes, et si une essence n’appartient pas à une classe d’emploi, elle ne peut pas être utilisée pour cette fonction. Comme pour le bardage, il existe des traitements pour augmenter la classe d’une essence. 

Voici la définition de ces classes d’après la norme NF EN 335 :  

  • Classe d’emploi 1

Situation dans lesquelles le bois ou le matériau à base de bois est utilisé à l’intérieur d’une construction, non exposé aux intempéries et à l’humidification. 

  • Classe d’emploi 2

Situations dans lesquelles le bois ou le matériau à base de bois est sous abri et non exposé aux intempéries (en particulier la pluie et la pluie battante) mais  il peut être soumis à une humification occasionnelle mais non persistante. 

  • Classe d’emploi 3.1

Situations dans lesquelles le bois ou le matériau à base de bois est au-dessus du sol et est exposé aux intempéries (en particulier à la pluie). 

Les produits en bois et à base de bois ne resteront pas humides pendant de longues périodes. 

  • Classe d’emploi 3.2

Situations dans lesquelles le bois ou le matériau à base de bois est au-dessus du sol et est exposé aux intempéries (en particulier à la pluie). 

Les produits en bois et à base de bois resteront humides pendant de longues périodes. L’eau peut s’accumuler. 

  • Classe d’emploi 4

Situation dans laquelle le bois ou le matériau à base de bois est en contact direct avec le sol et/ou l’eau douce. 

  • Classe d’emploi 5

Situation dans laquelle le bois ou le matériau à base de bois est immergé dans l’eau salée (eau de mer ou eau saumâtre) de manière régulière ou permanente. 

Le bois est effectivement sensible à l’humidité et aux insectes, mais des normes ont été créées pour stopper les sinistres liés à ces défauts. Les professionnels ont développé des traitements pour contrer ce problème : il est donc facile aujourd’hui d’affirmer qu’un bois faible face à ces attaques ne sera utilisé qu’à des endroits peu exposés et donc sans risque.

Parce que tout le monde a déjà vu une bûche de bois brûler dans une cheminée, beaucoup pensent qu’il y a beaucoup plus de risques d’incendies dans une construction en bois. Pourtant le bois transmet 10 fois moins vite que le béton et 250 fois moins vite que le métal. En se consumant, le bois va créer une partie beaucoup plus carbonée (ce qu’on appelle les cendres) pour protéger son cœur, qui est le garant de la structure. Dans les grands bâtiments de logistiques, les pompiers ont même des consignes d’interventions différentes en cas de structure en bois ou structure métallique : la structure métallique est plus dangereuse car le risque de rupture causée par les flammes est beaucoup plus rapide et aléatoire.

Des tests ont été réalisés pour classer la résistance, la stabilité, et la réaction au feu des différents éléments en bois. Et aujourd’hui, les professionnels disposent des avis d’experts nécessaires pour concevoir et construire des murs stables au feu et coupe-feu 2h en bois, la plus haute exigence de l’arrêté du 31 janvier 1986 qui définit la sécurité incendie. À titre de comparaison, un mur porteur vertical dans une maison individuelle n’a besoin que d’être stable au feu 15min pour respecter la norme.

Un autre point très positif non négligeable : en cas d’incendie, la fumée que dégage des éléments en bois en train de brûler n’est pas toxique, contrairement à d’autres matériaux qui peuvent être utilisés en structure ou en parement. Et si la mise en œuvre sur chantier est correctement effectuée et que l’incendie se déclare à l’intérieur, la partie structurelle – si elle n’est pas apparente bien sur – peut ne pas être touchée.

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