Les bois régionaux dans la commande publique

De nombreux professionnels pensent que la construction bois ne peut se réaliser qu’avec des bois du nord en structure et des bois exotiques pour les bardages et l’aménagement. Mais de par son volume sur pieds et sa diversité d’essences présentes en forêt normandes, il est simple d’utiliser des essences régionales pour tous les projets, que ce soit en construction, en bardage ou en aménagement extérieur.

Pourquoi choisir des essences locales ?

Préserver les emplois indélocalisables (A2.5)

En choisissant une ressource proche du lieu de construction, il semble évident que toute la filière forêt-bois doit se mobiliser pour répondre à la demande pour cette construction. Un scieur des environs devra couper la ressource sur pied et réaliser la première transformation. Dans un second temps, grâce à la mise en réseau réalisée par ProfessionsBois et ses entreprises adhérentes, nous œuvrons pour que des partenariats se créent entre amont et aval de la filière, pour des entreprises qui seraient presque voisines travaillent ensemble. Une augmentation de la demande de l’aval ou de l’amont augmentera ainsi la l’offre pour l’autre, ce qui va permettre un développement général de la filière forêt-bois en Normandie. Et ce développement passe par une augmentation de la demande, qui est à la base de l’offre d’emploi de ce secteur.

emploi

Rééquilibrer la balance commerciale en France

Bien que 4ème pays producteur de bois en Europe, la France importe encore énormément de bois alors que la forêt française n’est pas exploitée au maximum de sa capacité (principalement des résineux du Nord et des bois tropicaux & exotiques). Se forcer à choisir du bois français va permettre un rééquilibre de cette balance, et va favoriser les innovations qui permettrait de se passer totalement d’importations. En effet, si le résineux du Nord est vendu dans toute l’Europe, c’est que ce sont presque les meilleures essences à utiliser en structure. Mais des entreprises françaises et normandes réalisent en ce moment des essais pour démocratiser des feuillus en lamellé collé pour pouvoir l’utiliser en structure.

Faire le choix d’une ressource naturelle et gérée durablement

La plus grande majorité des bois utilisés dans la construction proviennent de forêts certifiées PEFC : elles sont donc gérées durablement. Et cette gestion se retrouve lorsque l’on regarde la croissance du volume sur pied de la forêt française : il augmente depuis 1840. Mais cette augmentation montre aussi que la forêt française n’est pas exploitée au maximum de ses capacités : beaucoup plus de bois pourraient sortir de nos scieries.

Cette sous-exploitation de nos forêts soulève un second problème sur lequel ProfessionsBois travaille avec ses partenaires : la valorisation des feuillus, notamment dans le domaine de la construction car le bois d’œuvre représente la plus grosse partie de la filière.

Pour construire un bâtiment performant et respectueux de l’environnement

Aujourd’hui, nos professionnels ont les connaissances et l’expérience pour construire avec du bois local. Mais l’un des avantages du bois est qu’il peut se marier avec le béton ou l’acier par exemple, mais aussi avec tous les autres matériaux biosourcés (chanvre, chènevotte, paille, lin, etc.). Souvent, ces réseaux d’éco-matériaux sont en circuit court, ce qui limite les intermédiaires (et donc les coûts) et l’impact carbone du bâtiment, chose importante car cela pris en compte dans la future Réglementation Environnementale 2020.

Pour participer au puit de carbone de la région

C’est bien connu, les arbres stockent du Co2 grâce à la photosynthèse durant leur phase de croissance. Mais contrairement à ce que l’on peut penser, couper un arbre arrivé à maturité pour l’utiliser et en replanter un autre participera beaucoup plus au puit de carbone que de laisser l’arbre arrivé à maturité en forêt.

Utiliser du bois local dans de la construction permet donc de :

  • Prolonger la durée du stockage CO2 des arbres transformés en bois d’œuvre

  • Replanter à minima le même nombre d’arbres que d’arbres utilisés pour continuer à augmenter le puit de carbone, grâce à la croissance de ces nouveaux arbres.

Comment intégrer du bois ou une essence dans un marché ?

En adaptant le système constructif à la ressource locale disponible (ex : pans de bois)

La Normandie dispose d’une histoire architecturale forte, notamment avec les maisons à pans de bois. Conçues il y a plusieurs siècles, les premiers constructeurs travaillaient avec la ressource dont il disposait localement. Ils ont donc adapté leur méthode de fabrication aux essences de bois disponibles à proximité des chantiers.

Grâce à ses feuillus, et notamment au chêne présent en abondance dans les forêts normandes, les colombages ont pu se développer. En effet, le chêne est réputé pour être léger mais robuste, et capable de réguler facilement son taux d’humidité, ce qui est indispensable pour servir de structure porteuse et pouvoir accueillir du torchis.

En prescrivant une essence

Il n’est pas possible de préconiser une essence dans un marché public. Cependant, on peut préconiser du bois avec certaines caractéristiques (mécaniques, apparence, résistance à l’humidité, aux insectes, etc.). Les entreprises qui répondront alors au marché devront alors se renseigner sur les propriétés des bois, et leurs recherches aboutiront sur cette essence, qu’ils verront disponible localement.

Attention, si un bois importé présente les mêmes caractéristiques que l’essence désirée, il est impossible de refuser pour seulement cette raison.

Le marché peut aussi, sur certains points bien précis (habillage intérieur, etc.), inviter les candidats répondant à proposer des solutions techniques alternatives : cela laisse souvent place à l’imagination, et il est fréquent que lorsque plusieurs solutions sont proposées, au moins une utilise du bois.

En prescrivant une certification

En France, les certifications de forêt les plus courantes sont PEFC, et légèrement FSC. Ces certifications garantissent que le bois ou le produit bois provient de forêts gérées durablement et légalement.

Les candidats répondants devront alors prouver que les matériaux qu’ils souhaitent utiliser disposent du label PEFC, et cet argument peut rentrer dans les spécifications techniques, ou dans les critères de choix des offres.

En détachant le lot de fourniture du bois du marché public

Pour être sûr d’avoir du bois local dans sa construction, le lot de fourniture du bois peut être détaché de l’ensemble du marché. La commune doit alors faire l’acquisition de ces bois, et les mettre à la disposition du chantier.

En insistant sur les critères environnementaux

Un marché peut préciser un souhait sur l’impact environnemental d’un produit pendant toute sa durée de vie, que ce soit en spécifications techniques ou en critère d’attribution. Cependant, cela ne peut pas être discriminatoire d’après le code des marchés publics. Il faut aussi être vigilant au critère géographique de provenance des matériaux : cela ne peut constituer un critère de décision, bien qu’il puisse être mentionné dans le marché.

Pour toute demande d’informations supplémentaires, n’hésitez pas à contacter nos prescripteurs construction, qui sont prêts à répondre à toutes vos demandes.

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